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Combattants et prisonniers de guerre

Julia Grignon

La professeure Julia Grignon est titulaire d’une licence en droit de l’Université de Rouen (France, 2000), d’une maîtrise en droit public de l’Université du Québec à Montréal (2001), d’un diplôme d’études approfondies de droit public de l’Université de Rouen (France, 2002) et d’un doctorat de l’Université de Genève (Suisse, 2012).

Après avoir débuté sa carrière à la Fédération internationale de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture à Paris, elle a travaillé en tant qu’administratrice du Concours Jean-Pictet, dont elle est membre du Comité depuis 2008. Elle a également été formatrice à l’Institut BIOFORCE Développement à Lyon (France), dans un module dédié à l’environnement de la solidarité internationale. Entre 2007 et 2012, elle a été assistante d’enseignement et de recherche au sein du Département de droit international et organisation internationale de la Faculté de droit de l’Université de Genève.

Consultez le profil de la professeure Grignon.

https://www.cdiph.ulaval.ca/sites/cdiph.ulaval.ca/files/julia.png
Nom de famille: 
Grignon
Prénom: 
Julia

Thomas Roos

Originaire de France, Thomas a commencé ses études à l’Université de Nancy II où il a obtenu son diplôme de licence en droit général. Fasciné par le droit international, il est parti dans un premier temps à l’Université de Strasbourg, où il a validé un Master 1 en droit international et européen, puis à l’Université Laval, au Canada, dans le cadre d’une maîtrise en droit international et transnational. C’est là qu’il s’est pris de passion pour le Droit international humanitaire et les autres corpus liés la protection de la personne humaine en période de conflit armé. Il a débuté un doctorat en Septembre 2018, à travers une thèse portant sur l’application extraterritoriale des droits humains en période de conflit armé. Il est coordinateur du projet de recherche du même nom mené par la professeure Julia Grignon, ainsi que du projet Osons le DIH! Promotion et renforcement du DIH : une contribution canadienne. Finaliste de l’édition 2019 du concours de droit international humanitaire Jean Pictet avec l’Université Laval, Thomas est désormais coach, aux côtés de Clémence Bouchart, de l’équipe sélectionnée par la Faculté pour candidater à l’édition 2020. Thomas est également membre de la Clinique de droit international pénal et humanitaire.

https://www.cdiph.ulaval.ca/sites/cdiph.ulaval.ca/files/thomas.jpeg
thomas.roos.1@ulaval.ca ; Osonsledih@fd.ulaval.ca
Nom de famille: 
Roos
Prénom: 
Thomas
18 December 2020

Combattant-es et prisonniers/ères de guerre

Qui sont les combattant-es aux termes du DIH, et en quoi consistent leurs « privilèges »? Qui sont prisonniers/ères de guerre (PG), et comment doivent-ils/elles être traité-es? Est-ce que les « terroristes » appartiennent à une catégorie distincte? Ces catégories s’appliquent-elles indifféremment dans les conflits armés internationaux et les conflits armés non internationaux?


Ce billet est la version française du « Highlight » publié simultanément par le Comité international de la Croix-Rouge et dont la version originale se trouve ici.


Au sens générique du terme, les combattant-es sont les membres des forces de combat des belligérants parties à un conflit armé international. La principale caractéristique de leur statut est qu’ils/elles ont le droit de participer directement aux hostilités (« privilège du combattant »). Néanmoins, ils/elles doivent respecter le DIH et peuvent donc être puni-es s’ils/elles commettent des violations.

En plus d’avoir le droit de participer aux hostilités, les combattant-es ont droit au statut de PG s’ils/elles tombent aux mains de l’ennemi durant un conflit armé international.  Parmi d’autres mesures ayant pour but de s’assurer qu’ils/elles sont bien traité-es, ce statut implique qu’ils/elles ne peuvent pas être poursuivi-es en raison de leur seule participation aux hostilités. Cependant, s’ils/elles ne se distinguent pas de la population civile lorsqu’ils/elles sont capturé-es, ils/elles peuvent perdre leur statut de PG et être poursuivi-es pour actes de guerre. Les PGs peuvent être retenu-es par l’ennemi jusqu’à la fin des hostilités actives, sans aucune procédure particulière, l’objectif de leur internement étant d’empêcher leur participation ultérieure au conflit en soutien de l’ennemi.

Durant leur internement, les PGs doivent être traité-es avec humanité et être protégé-es contre tout acte d’intimidation, les insultes et la curiosité publique. La Troisième Convention de Genève de 1949 relative au traitement des prisonniers de guerre (CGIII) détaille les conditions d’internement et couvre des aspects tels que le logement, la nourriture, l’hygiène, l’habillement et les soins médicaux. Les commentaires mis à jour du CICR sur la CGIII (2020, en anglais seulement) apportent un nouvel éclairage sur la pérennité de la pertinence de ces protections essentielles (par exemple le traitement humain des PGs, la protection de leur personne et de leur honneur, l’obligation de les libérer et de les rapatrier). Ils reflètent les évolutions dans l’interprétation de concepts tels que le respect dû aux femmes, la santé mentale et le handicap, tout comme les développements relatifs à l’éthique médicale et aux standards en matière de protection des données.

Dans le contexte de lutte contre le terrorisme international, les individus qui n’ont jamais eu le statut de combattant-e ou qui ont perdu leur statut de PG, mais qui participent néanmoins directement aux hostilités, sont parfois désignés en tant que « terroristes », « combattants étrangers », « combattants non privilégiés » ou encore en tant que « combattants illégaux ». Bien que de tels termes n’existent pas en DIH et n’aient donc aucune signification ou conséquence juridiques, le statut et le traitement de personnes désignées comme telles ont donné lieu à de considérables controverses. Ce qui est certain cependant, c’est que toute personne privée de liberté en lien avec un conflit armé, PG ou civil ayant pris part directement aux hostilités, qu’elle soit désignée comme « terroriste » ou par tout autre terme non juridique, a le droit recevoir un traitement humain et de bénéficier des garanties fondamentales connexes, conformément à ce qui est énoncé dans le DIH conventionnel et coutumier.

Le droit

Des explications et des développements plus détaillés à propos des combattant-es et des PGs, leurs droits, leurs obligations et leur traitement en vertu du DIH, se trouvent dans la section The Law (Le droit), dans le chapitre sur les Combatants and POWs (Combattant-es et PGs).

A à Z

Les définitions pertinentes peuvent être trouvées dans la section A to Z (en anglais seulement) : Combattants, Uniforme, Levée en masse, Participation directe aux hostilités, Espions, Déserteurs, Prisonniers de guerre, Guerre contre le terrorisme, Terrorisme et terroristes, Combattants illégaux, Belligérants non privilégiés, Statuts, Qualification des personnes, Présomptions, Internement, Détenus, Puissance détentrice, Distinction de caractère défavorable, Curiosité publique, Accès, Agence centrale de renseignements,  Conditions de détention, Traitement humain, Garanties judiciaires, Tribunal, Logement, Travail, Sanctions disciplinaires, Punitions collectives, Transfert, Libération, Rapatriement, Évasion.

La pratique

La sélection d’études de cas ci-dessous permet d’illustrer plus précisément :

Pour aller plus loin


Ce billet ne lie que la ou les personne(s) l’ayant écrit. Il ne peut entraîner la responsabilité de la Clinique de droit international pénal et humanitaire, de Osons le DIH!, de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale et les droits fondamentaux, de la Faculté de droit, de l’Université Laval et de leur personnel respectif, ni des personnes qui l’ont révisé et édité. Il ne s’agit pas d’avis ou de conseil juridiques.


La publication de ce billet est en partie financée par Osons le DIH! et le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada.

Évènements et symposium :